La Bête du Gévaudan

Au pays de la Bête du Gévaudan

Qui n’a pas entendu parler du fléau, que fut la Bête dans la région du Gévaudan à la fin du 18ème siècle. Il y a eu d’innombrables théories à propos de la Bête, certaines plus plausibles que d’autres.

Voici un petit rappel des faits …

L’affaire a commencé en juillet 1764, quand une jeune fille de 14 ans nommée Jeanne Boulet, habitante de la paroisse de Saint-Etienne de Lugdarès, fut tuée par une “Bête féroce”. Au début personne n’a fait le lien avec d’autres décès survenus dans les environs, mais ce meurtre était bien le premier d’une longue série. Pendant trois longues années, jusqu’en juin 1767, la Bête tua plus de cent personnes, exclusivement des femmes et des enfants, proies faciles, car ils opposent peu de résistance et que ce sont eux qui mènent paître le bétail en dehors des villages.

Les premières battues furent conduites par Duhamel en 1764. Il s’installe avec ses dragons (40 hommes à pieds et 17 à cheval), à proximité de la localité où sévit la Bête, à Saint-Chély d’Apcher, d’où il dirige les chasses et des battues gigantesques. Des centaines de paysans lui prêtent main forte, mais la Bête continue à tuer. Duhamel se décourage et suite aux différends avec les notables locaux, il laisse sa place à M. d’Enneval d’Alençon, chasseur de loups de renommée.

Les massacres incessants ont fait très rapidement courir des histoires à propos d’une bête extraordinaire, diabolique et invulnérable et l’Église commence à s’intéresser à l’affaire. En 1765, l’histoire terrifiante de la Bête du Gévaudan arrive même jusqu’au oreilles du roi Louis XV, qui décide aussitôt d’envoyer son arquebusier et lieutenant des chasses, Antoine de Beauterne, ainsi que son fils, au pays du Gévaudan, afin qu’ils mettent fin à cette inquiétante affaire qui commence à devenir politiquement pesante.

Le 16 août 1765 se produit un évènement qui donne naissance à une possible explication de l’origine de la Bête. Pendant que Monsieur Antoine organise des battues, deux de ses gardes-chasses tombent en altercation avec Jean Chastel et ses deux fils. Les gardes-chasses sont contraints de battre retraite, mais ils établissent un rapport à Antoine, qui décide de faire enfermer les Chastel à la prison de Saugues. La consigne qui est donnée aux juges et consuls de la ville par Antoine est la suivante : « Ne les laissez sortir que quatre jours après notre départ de cette province ». Le fait qu’il y ait eu un ralentissement des attaques de la Bête durant la période de cet emprisonnement est souvent repris par certains auteurs pour établir un lien entre la famille Chastel et la Bête…

Antoine fini par abattre « la Bête », qui n’est en réalité qu’un grand loup. Il fait identifier l’animal par des victimes survivantes, embaume l’animal et se rend à Versailles pour présenter son trophée au Roi.

Cependant, les attaques de la Bête reprennent quelques semaines plus tard, mais le Roi ne veut plus en entendre parler. À partir de cet instant, les journaux ne relatent plus les attaques survenues en Gévaudan et les gentilshommes locaux se trouvent seuls face au fléau. Cependant, les attaques de la Bête semblent se limiter à un périmètre de 15 km environ, entre le mont Mouchet, Mont Chauvet et Mont Grand, non loin du bois du domaine de Chamblard.

Nous ne savons pas qui a réussi à tuer la Bête du Gévaudan, mais certaines théories attribuent cet exploit à Jean Chastel, fils d’agriculteur, né au village de Darnes, désormais sur la commune de La Besseyre-Saint-Mary, où se situe également le Château de Chamblard. La légende veut que Jean Chastel aurait fait bénir trois balles, fondues à partir des médailles de la Vierge Marie qu’il portait à son chapeau. A propos de la mort de la Bête, la légende a conservé le discours romancé de l’abbé Pierre Pourcher, qu’il disait tenir de la tradition orale de sa famille : « Quand la Bête lui arriva, Chastel disait des litanies de la Sainte Vierge, il la reconnut fort bien, mais par un sentiment de piété et de confiance envers la Mère de Dieu, il voulut finir ses prières ; après, il ferme son livre, il plie ses lunettes dans sa poche et prend son fusil et à l’instant tue la Bête, qui l’avait attendu… »

Mais le mystère perdure, car peu après la mort de Chastel, les villageois brûlèrent sa maison et purifièrent le lieu avec du gros sel, pourtant hors de prix à l’époque, ce qui est pour le moins étrange pour celui qui est officiellement présenté comme le « héros libérateur de la Bête ».

Château de Chamblard à l’époque de la Bête

A cette époque, Chamblard ne se situait pas en pleine forêt et était en vue du Besset, qui est à environ 2.5 km à vol d’oiseau. La demeure était habitée par Verny de la Védrine, un gentilhomme verrier, qui a reçut successivement Duhamel, les Denneval et Monsieur Antoine au Château.

Une légende locale prêtait aux Maîtres Verriers le pouvoir de « mener les loups », et donc d’avoir passé un pacte avec les puissances obscures. Cela rend Chamblard d’autant plus mystérieux, car suivant une tradition populaire, il s’y déroulaient des « choses pas très catholiques ». Cette tradition est certainement due au fait que les Maîtres Verriers étaient très souvent alchimistes, qui maitrisaient l’art de la transformation des matières grossières en cristal – donc le passage des ténèbres à la lumière. Les liens avec la Bête sont donc probablement le fruit de la fantaisie débordante des habitants de la région.

Le mythe de la Bête de nos jours

Une chose est certaine, la Bête a marqué à tout jamais la région et ses habitants. Aujourd’hui, vous pouvez visiter le Musée fantastique de la Bête de Gévaudan à Saugues. Il existe aussi de nombreux ouvrages et adaptations cinématographiques, plus au moins plausibles à ce sujet…

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4 réflexions à propos de “ La Bête du Gévaudan ”

  1. Internaute a dit:

    Bonjour,

    Voici un livre récent qui parle de la Bête du Gévaudan et qui devrait probablement vous intéresser :

    https://www.amazon.fr/dp/1537254154

    Cordialement

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  2. Duclermortier a dit:

    Où sont les preuves que les habitants brûlèrent la maison de CHASTEL et répandirent du sel sur les cendres de celle-ci pour conjurer Dieu sait quoi ? Ne serait-ce pas une mystification récemment inventée ? Quelles archives ^de l’époque parlent de ce fait ?

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